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Déconfinez le (télé) travail !

Par Martin Richer, responsable du pôle Entreprise, Travail & Emploi de Terra NovaIl 

L'État et les entreprises n'ont pas su tirer les enseignements du premier confinement.  La mise en place de conditions de télétravail, ainsi que le changement de comportements et réflexes, pour télétravailler,  n'ont pas été entièrement acquis.  Entre les deux confinement des nombreux managers ont opté pour privilégier le travail en présentiel. Les équipes  salariées ont abandonné la dynamique du travail à distance, qui s'adapte sans doute le mieux aux contraintes sanitaires actuelles. Aujourd'hui nous payons le prix, qui dit déplacements dit également plus de probabilités d'être contaminé. Bien que ce deuxième confinement finira (éventuellement) au début du 2021. Ce constat preuve la nécessaire transformation des manières de (télé) travailler.

Bien que les pouvoirs publics puissent se féliciter que l'économie ait beaucoup moins ralenti lors de ce deuxième confinement. En matière de mobilité, ce sont les trajets entre le travail et le lieu de résidence qui s'effectuent le plus. La fréquentation RATP était du 5% de sa capacité maximale lors du premier confinement pour un 40% lors de ce deuxième confinementSelon une étude de la DARES (direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques) cinq millions de Français auraient télétravail en mars, contre 1,8 millions en octobre. 

Selon The Economist, les  salariés français sont les Européens qui sont les plus retournés physiquement (c'est à dire en présentiel) au bureau : plus de 50% d'entre eux sont 5 jours sur 5 au bureau contre moins de 50% en Allemagne, 40% en Espagne et en Italie, et 30% en Grand-Bretagne.

Les mesures prises par le gouvernement français vis-à- vis du télétravail ont également empêché une véritable adaptation à celle nouvelle manière de travailler. Pendant que la France parlait de l'instauration d'un couvre-feu, des pays comme le Luxembourg on réfléchit  à un droit au télétravail. La convention citoyenne pour le climat, a elle-même proposé la reconnaissance d'un tel droit. De l'autre coté du Rhin le  ministre de travail allemand Hubertus Heil a annoncé en juin dernier une proposition de loi sur le télétravail. 

-Alors, pourquoi il est si difficile de régler la question du télétravail en France ? 

D'abord, car l'on continue de raisonner en fonction d'un  "métier", plutôt que par taches de travail, puis, parce qu'on accepte comme intangible la valeur du télétravail. Dans des nombreuses entreprises, lors du premier confinement, les équipés salariées ont mieux coopéré sans la présence permanente des managers.  Les organisations patronales ont également entravé la mise en place d'un télétravail efficace, le Medef a fait savoir qu'il était d'accord pour négocier sur le télétravail à condition que l'accord n'ait aucun "caractère prescription et normatif". Dans cette logique, à quoi bon négocier ?   Pour résoudre la question du télétravail en France, l'État devrait-il se munir d'une législation qui permettrait de trouver un juste équilibre entre cette nouvelle manière de travailler et la protection des droits des travailleurs ?

 

 

 

 

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