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La finance sociale, c'est possible ?

La finance s'oriente désormais de façon évidente vers l'intégration de facteurs environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance et la fabrication de produits visant un impact positif. Le sociale demeure pourtant le parent pauvre de la finance responsable.  Alexis Masse, président du Forum pour l'investissement responsable 25 novembre 2020.

 

Dès le XIXe siècle de nombreuses initiatives se sont mises en place pour faire de la finance un instrument d'émancipation : mutualité, mouvement coopératif fondé sur des sociétés de personnes plutôt que de capitaux, coopératives financières, etc. La finance ne serait donc qu'un outil pour assurer deux fonctions nécessaires et déterminantes de l'économie : L'allocation du capital et le partage des risques. 

 

La finance responsable n'est encore qu'imparfaitement sociale. 

La finance responsable née des préoccupations sociales, ce fut le cas du mouvement mutualiste. Plus tard, la finance solidaire qui se développe dès les années 1980, pose la question de la banque éthique. À différence de la philantropie qui repose exclusivement sur le don, la finance solidaire s'appuie sur la mise en ouvre de modèles économiques à fort impact social. Enfin, la finance verte a pris le pas sur la finance sociale, car la première permet de dégager des bénéfices sur des nombreux produits financiers, c'est le cas des énergies renouvelables. Toutefois, il n'y aura pas de transition écologique possible sans accent mis sur la solidarité. 

 

Pour une finance (plus) sociale

​​​​​​​Le développement d'une finance sociale est souvent entravé par une question d'indicateurs. L'impact social demeure parfois peu ou très mal compris par les entreprises. Le cas de l'actionnariat salarié reste pourtant un exemple à regarder de près. Bien qu'il s'agit d'un mécanisme permettant de faire participer aux salariés des bénéfices générés par l'entreprise. L'actionarait salarié reste trop souvent détenu par les cadres dirigeants des entreprises, ce qui peut générer des effets pervers. Ce problème de démocratisation du modèle de la finance sociale pourrait trouver une première réponse, dans l'imposition du 1% solidaire justifié par la pandémie.

 

Donner le pouvoir à l'épargnant. 

Le dernier sondage du Forum pour l'investissement responsable constate, comme pour la consommation bio et les produits locaux, l'appétence des Français pour les produits d'épargne responsable. La législation européenne impose désormais l'interrogation des clients sur leurs choix de préférence extrafinancière. Ce qui pourrait inciter la création des fonds socialement responsables. 

 

 

 

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