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La priorité, c'est la solidarité !

Nicolas Duvoux (spécialiste des politiques publiques de solidarité) présente dans cet article comment la revalorisation des minimas sociaux est un levier indispensable pour faire face à la crise économique concomitante à la crise sanitaire. 

Cette note repose sur trois axes : la revalorisation, l'extension et l'automatisation du versement du RSA. 

Épidémie, sentiment de société et solidarisme sous la IIIe République 

La rupture de l'ère libérale par le solidarisme au XIXe siècle met en évidence l'interdépendance entre des êtres humains. La vague de tuberculose qui avait frappé la planète, tout comme celle du COVID- 19, "évidence" que la relation entre le malade et la société se renforcent mutuellement. L'interaction entre individus devient le vecteur de propagation de la maladie, ce qui les rend et victimes et responsables de sa propagation. L'État Providence, opportunément appelé par la sociologie État Social devient un spectre protecteur, face aux crises sanitaires, par sa capacité de redistribution des ressources et par la régulation des contacts sociaux. 

Ouverture du RSA à 18 ans, revalorisation et automaticité des droits sociaux

Léon Bourgeois, précurseur du "solidarisme" considérait que c'est dans le socle de droits que le pacte social doit être refondé. Bien qu'actuellement ce socle existe, il est incomplet. Étant relativement plus vulnérables économiquement parlant, les jeunes (étudiants, apprentis, jeunes sans formation) ont dû affronter une situation matérielle difficile du fait du confinement. Nombreux jeunes voient leur perspective de vie et de carrière fortement altérée après le déconfinement. 

Le plaidoyer en faveur de l'ouverture au RSA des jeunes est désormais un enjeu du débat public et débat au sein même de la majorité parlementaire.

La revalorisation des minimas sociaux tient à deux données. D'abord, l'offre de l'emploi va se raréfier, ensuite si le RSA est indexé au montant forfaitaire de la Primé d'Activité, la donnée restée inchangée. Dans cette logique, c'est une augmentation substantielle du RSA- socle qui devrait être mise en place. L'automatisation de cette prestation envers les allocataires, permettra également de limiter les déplacements physiques, ensuite de faciliter la démarche aux "ayant droits". 

Une "règle d'or" pour le RSA

L'idée essentielle préconise d'obliger la collectivité à verser aux personnes plus touchées par la pauvreté "autre chose" que les minimas sociaux. À l'instar de la mobilisation collective (les mesures  du confinement) qui a su prévenir une partie de la mortalité liée à la crise sanitaire, la revalorisation des minimas sociaux permettra de sauver les victimes de la crise économique. Toutefois, pour assurer la pérennisation de cette nouvelle politique générale de revalorisation, il faudra créer des instruments politiques qui permettront les transitions professionnelles (Contrats de Sécurisation Professionnelle). Ces transitions s'inscriraient  au "Green New Deal"  qui  prévoit une politique massive de créations d'emploi. 

L'accompagnement pour pallier une partie du coût humain de la crise 

Les associations et les départements devront être dotés des financements nécessaires pour assurer cet accompagnement social. La règle d'or qui actualise la dimension préventive au niveau collectif permettra d'anticiper plutôt que réparer. Les particularités propres à chaque territoire devront obliger l'État à sortir des indicateurs chiffrés trop largues et trop généralistes. 

Enfin, cette nouvelle politique sociale devrait apporter des réponses cohérentes pour créer un filet de protection qui prend en amont le problème de la pauvreté, plutôt que se focaliser sur la réparation et la relance économique. 

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